Toi le médecin orienteur qui m’a exempté
Je sais, je ne t’ai jamais remercié
C’est vrai, ton visage s’est à jamais perdu
Dans ma mémoire, il reste superflu
Je ne pense pas un jour te connaître
Et pourtant je dois bien reconnaître
Que c’est bien toi qui m’a fait grâce
D’une année stérile en bidasse
Toi le médecin orienteur qui m’a exempté
Je sais, je ne t’ai jamais remercié
En un clin d’œil, toi tu m’as compris,
Quand tous voulaient me gâcher la vie.
Ils n’appliquaient que les règles, les
lois,
Tu les as supplantées pour moi
Oui c’est bien toi qui m’a fait ce don
De ne pas me déguiser en troufion
Toi le médecin orienteur qui m’a exempté
Je sais, je ne t’ai jamais remercié
J’ai vite vu que tu n’étais pas crédule
De mon dossier d’HTA et de ses pilules
Tu ne m’as donné qu’un sourire clément
Toi, tu comprends : parfois on ment.
C’est bien toi qui m’a fait cette faveur
De ne pas ramper dans la boue en sapeur.
Toi le médecin orienteur qui m’a exempté
Je sais, je ne t’ai jamais remercié
Quand j’ai ouvert ta porte, j’ai vu cet homme,
Seul, que déjà ce martial système assomme
Toi tu n’avais pas ouvert les bonnes portes
Mais, prisonnier, ta Liberté reste la plus forte
Sache que j’ai bien profité de tes largesses
Et chaque jour j’invoque ta sagesse.
Toi le médecin orienteur de l’Armée
Je sais, je ne t’ai jamais remercié
Dans cette casern’ on t’avait enchaîné.
D’une croix choisie, toi, tu m’as libéré
Quand un Lieutenant m’a tendu ce papier
Où tu avais simplement coché « exempté »,
Mon regard embué s’est tourné vers ta porte
Te disant « Que milles Grâces t’escortent »
Car c’est bien toi qui m’a fait ce cadeau
De ne pas faire l’Armée, ce fardeau.
Toi le médecin orienteur de l’Armée
Je sais, je ne t’ai jamais remercié.